Intolérances

 

intolérance alimentaireLes intolérances ou hyperréactivités alimentaires sont de plus en plus connues du grand public. Nombre de personnes mangent sans produits laitiers, sans gluten, pour éviter un mal de tête, des douleurs articulaires, des accès de colère ou de fatigue, voire de la léthargie. Quel est ce phénomène curieux et comment comprendre les réactions du corps, comment s’en sortir?

A l’inverse d’une allergie, les effets d’une intolérance ne sont pas immunologiques, ils se manifestent en décalé par rapport à la prise alimentaire (d’où la difficulté de les détecter), et miment les symptômes d’une maladie chronique ou des infections à répétition. C’est pour cela qu’en général il est rare que ces personnes pensent qu’une réaction alimentaire se cache derrière leurs symptômes. De plus, c’est individuel, c’est à dire que cela varie en fonction du niveau de stress, des médicaments pris, de la météo : chaque personne a son seuil de tolérance. Un jour l’aliment ne fait rien, le lendemain non plus mais c’est le troisième jour de consommation que les problèmes commencent. L’explication est la suivante: c’est le troisième jour que le seuil de tolérance a été atteint et c’est ce qui a déclenché un processus se traduisant par des maux divers.

Comment repérer une intolérance alimentaire?intolérances aliments

Il existe sur le marché de nombreux laboratoires proposant des tests à IgG, très chers et non remboursés. C’est une façon de procéder, mais il faut être prudent face à ces tests. Il semblerait par exemple qu’ils montrent tous les aliments auxquels  une personne a eu une réaction à n’importe quel moment de la vie. Et que faire si selon le test vous réagissez à 150 aliments? (non, je n’exagère pas, cas véridique) Eliminer les 150 aliments en question de votre plage alimentaire peut devenir très très contraignant…

Il existe des tests kinésiologiques, si vous connaissez quelqu’un qui les pratique, pourquoi pas… Cela peut être une bonne base de départ.

Joeuf ange ou diable‘opte pour la méthode la plus simple et plus sûre : l’observation personnelle. Eliminer un aliment donné pendant 15 jours et voir quelle est la réaction quand on le ré-introduit. Il y a une méthodologie et des choses à respecter, mais c’est à la portée de chacun, sans frais. Et le résultat est immédiat, sans appel.

 

Au secours, je suis intolérant à …..!

Vous avez détecté des aliments qui vous font du tort. Très bien. Que faire? Vivre pendant toute une vie sans pain? Ou sans fromage? Ce n’est peut être pas la meilleure solution. Les éliminer pendant un certain temps est nécessaire. Mais cela ne résoud pas le problème! Comment ça?, demandez-vous.

Une hyperréactivité à un produit alimentaire n’est que la partie visible de l’iceberg. (et parfois l’arbre qui cache la forêt). En règle générale, les personnes souffrant d’une intolérance alimentaire ont une dysbiose intestinale plus ou moins sévère. Chez certaines personnes un mode alimentaire non adapté à leur métabolisme sur plusieurs années mène à des intolérances. Et bien sûr, des dérèglements hormonaux peuvent aussi se cacher derrière une intolérance, mais aussi le stress, certains médicaments ou autre…

En enlevant simplement les produits incriminés de la plage alimentaire, on ne règle pas les problèmes profonds sous-jacents à une hyperréactivité. Figurez-vous que la plupart des personnes deviennent réactives à de plus en plus de produits en éliminant des aliments. Il est courant de voir que la personne élimine d’abord les produits laitiers. Puis le gluten. Puis le kiwi, et la tomate et les fraises au prochain printemps lui joueront également un tour.

Rétablir l’équilibrejonctions serrées

Le but est donc de rétablir l’équilibre, de prendre soin de la partie invisible de l’iceberg. Cela passe par une éviction temporaire, mais aussi par d’autres voix : reconstruire la flore intestinale pour permettre de refermer les jonctions serrées d’un intestin poreux, rétablir l’équilibre hormonal, se reposer, s’oxygéner etc. Cela est différent pour chaque personne, cela dépend de son problème, de son profil métabolique etc.

Il existe aujourd’hui plusieurs livres qui peuvent aider les personnes intéressées à retrouver une flore et des intestins en bonne santé. Ce qui est commun dans ces approches est bien entendu l’importance de la qualité alimentaire,  des aliments ressourçant un organisme mal en point, l’utilisation d’aliments favorisant l’équilibre de la flore intestinale et la réintroduction très graduelle des aliments à risque.

Pour aller plus loin

Taty Lauwers : Glouton de gluten, Aladdin, 2007
Dr Natasha Campbell-McBride: Le syndrôme entéropsychologique, Nutrition Holistique, 2011