L’alimentation de l’enfant

Bien entendu, tout le monde sait que l’alimentation d’un enfant est important. Les parents les plus consciencieux suivent à la lettre les recommandations officielles pour l’alimentation de leur progéniture. Le problème est que de nombreuses « recommandations » contradictoires circulent. Les mamans en général n’ont pas le temps de vérifier à quelle information se fier, donc elles suivent en général celles de leur sage-femme sympathique ou celles du pédiatre autoritaire qui énoncent des vérités absolues pour rassurer les mamans inquiètes.

La genèse du problème

Et les problèmes peuvent se manifester vers l’âge de deux ans, même si avant tout allait bien. La maman est fatiguée, en manque de sommeil permanent et elle donne à l’enfant un bout de gâteau, des biscuits, des crackers et elle découvre que l’enfant arrête de hurler tout d’un coup, laisse le reste de la famille prendre son diner dans le calme et que même les grands-parents n’ont rien trouvé à critiquer dans le comportement de l’enfant. Et cette solution rentre dans les mœurs de la famille petit à petit, surtout si l’enfant apprend qu’il peut obtenir ce bout de biscuit au lieu de ses légumes s’il crie assez longtemps. Je décris cette situation en connaissance de cause et sans culpabilité, avec notre deuxième fille nous sommes tombés dans le piège des solutions de facilité, pour avoir la paix de temps à autre. Ici commence donc un cercle vicieux menant à des habitudes alimentaires qui dérèglent un petit corps bien réglé et qui devrait être encore bichonné, c’est-à-dire nourri avec des aliments exempts de sucres ajoutés, de sel ajouté, d’additifs, de colorants, de conservateurs, d’OGM et de tout un panel de molécules qui sont de potentiels agresseurs des systèmes digestif, hormonal et nerveux de l’enfant.

Quels sont les problèmes  en connexion avec l’alimentation?

Les parents savent en général que quand il s’agit d’un reflux ou d’une constipation, le problème est alimentaire. Mais 99% de la population ignore que les symptômes suivants peuvent avoir un rapport direct avec la nourriture. Voici donc une liste non exhaustive de Kelly Dorfmann pour laquelle le premier remède serait d’essayer de modifier l’alimentation de l’enfant. Une documentation est disponible dans son livre avec des études, des statistiques et tout ce qu’il faut pour un esprit cartésien.*

- autisme (en sortant du traditionnel sans gluten sans lait, qui a vite ses limites sur ces enfants)
- agressivité
- allergies de toute sortes
- anxiété
- mauvaise haleine
- troubles comportementaux
- mâcher ses vêtements ou autres objets
- maladresse
- coliques
- constipation
- dépression
- retard de développement
- diarrhée
- otites (plus de deux par an est un signe à ne pas ignorer)
- eczéma
- retard de croissance
- maladies/infections fréquentes
- flatulences/ballonnements
- grattage des parties génitales
- urticaire
- voix rauque
- douleurs articulaires ou de l’os (non, ce n’est pas une crise de croissance!)
- troubles de l’apprentissage
- humeur changeante
- grande fatigue
- manger des objets
- difficultés à manger
- cicatrisation lente ou bleus persistants
- rougeurs/plaques
- reflux
- crises d’hystérie
- problèmes de sommeil
- petite taille
- retard de langage
- crises de rage
- douleurs d’estomac
- vomissements

La liste est impressionnante. Et même si l’alimentation n’est qu’un pilier de la santé, je continue à penser qu’en cas de problème c’est la première chose à ajuster. Surtout quand il s’agit d’un enfant. C’est ce que d’ailleurs Hippocrate, les grands médecins ayurvédiques et chinois et même nos arrière-grands-parents faisaient.

Mais l’alimentation n’a pas de règles. L’alimentation n’est pas à taille unique. Et on trouve ici les limites de la diététique classique et même les limites des conseils type naturo, qui tendent à établir des règles et à les appliquer à tout le monde. Ce qui fait que même une alimentation saine sur le papier peut très bien convenir à une personne et créer des problèmes même graves chez une autre. Il y a autant d’alimentations que d’individus, les enfant ne constituent pas des exceptions. Il n’y a pas de bon aliments et mauvais aliments, tout dépend de la dose, de la fréquence, de la personne et de la période. On ne conseille pas le même régime à un enfant allergique et un enfant avec un reflux ou un enfant avec des problèmes de sommeil.

Comment savoir si votre enfant a besoin d’une réforme alimentaire ?

- S’il a des maladies à répétition, que ce soit otites, bronchites, angines etc.
- S’il a des problèmes de comportement, diagnostiqué ou non
- S’il ne supporte pas les frustrations et fait des colères démesurées pour rien
- S’il a des allergies de tout genre
- S’il fait des réactions bizarres après avoir manger certains aliment
- S’il est un jour comme un ange, un autre jour comme le diable
- S’il est imprévisible
- S’il est constipé
- S’il a souvent la diarrhée
- S’il a en alternance constipation et diarrhée
- S’il a un retard de croissance (où il est de petite taille)
- S’il ne mange que très peu de chose
- S’il choisit toujours dans la même catégorie d’aliment
- S’il mange bien des frites, paninis, biscuits, gâteau, mais refuse les légumes, les viandes ou les fruits
- S’il a des angoisses irraisonnées
- S’il est en dépression
- S’il souffre de l’asthme
- S’il souffre d’une maladie orpheline
- S’il fait des colères pour avoir des bonbons, gâteaux, sodas
- S’il après avoir manger des bonbons, gâteaux, sodas, il devient plus calme pendant un moment
- S’il ne peut pas attendre jusqu’à midi sans grignoter quelque chose, même en prenant un petit déjeuner copieux
- S’il est anémique
- Si vous avez déjà tenté de changer son alimentation et après un mieux-être les symptômes sont revenus
- S’il a des problèmes divers dès la naissance
- ….

Si un enfant a des symptômes figurant dans la liste ci-dessus, il peut donc être très utile de chercher du côté de l’alimentation.

* Source : Kelly Dorfman: What’s eating your child? p. 308